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| Directeur de la rédaction Esprit | |
|---|---|
| - | |
date d'instauration (en) Albert Béguin |
| Naissance | Grenoble (Isère, France) |
|---|---|
| Décès |
(à 44 ans) Châtenay-Malabry (Seine, France) |
| Sépulture |
Cimetière ancien de Châtenay-Malabry |
| Époque |
Philosophie contemporaine |
| Nationalité |
française |
| Formation |
Université complutense de Madrid Université Grenoble-Alpes |
| Activités |
Philosophe, enseignant, écrivain, journaliste, chef cuisinier |
| A travaillé pour |
Lycée du Parc |
|---|---|
| Membre de |
Jeune France () |
| Mouvements |
Personnalisme communautaire (d), personnalisme |
| Maître |
Jacques Chevalier |
| Influencé par |
Henri Bergson, Max Scheler, Charles Péguy, Gabriel Marcel, Jacques Chevalier, Jeune France, catholicisme social |
| Distinction |
Prix Paul-Flat () |
Emmanuel Mounier, né le à Grenoble, mort le à Châtenay-Malabry (département des Hauts-de-Seine), est un philosophe catholique français, fondateur de la revue Esprit et à l'origine du courant personnaliste en France.
Emmanuel Mounier est né à Grenoble d'un père pharmacien et d'une mère au foyer. Il étudie la philosophie à l'université de Grenoble de 1924 à 1927, où il suit les cours de Jacques Chevalier. Il acquiert auprès de celui-ci une « impulsion » et une méthode de recherche qui est, selon lui, « le sentiment qu'il y a toujours quelque chose à chercher » - le rôle joué par Chevalier auprès du gouvernement de Vichy ne devant pas faire oublier le professeur de philosophie qu'il a su être.
Outre Chevalier, Henri Bergson et Charles Péguy ont eu également une profonde influence sur Emmanuel Mounier.
Il est secrétaire après Jean Guitton du « groupe de travail en commun créé par Chevalier » et subventionné par le lyonnais Victor Carlhian.
À 22 ans, il présente le , avec succès, son diplôme d'études supérieures sur « Le conflit d'l'anthropocentrisme et du théocentrisme dans la philosophie de Descartes ». Ce travail du disciple de Chevalier constitue la première ?uvre philosophique d'Emmanuel Mounier. Il vient à Paris pour passer l'agrégation en 1927-1928, à la Sorbonne ; il reste imperméable à l'idéalisme de Léon Brunschvicg, fréquente le Père Pouget qu'il est allé voir sur la recommandation de Jacques Chevalier en , et rencontre Jacques Maritain qui, détaché de l'Action française, cherche la voie d'un engagement civique démocratique. Il est reçu second à l'agrégation derrière Raymond Aron.
Au début des années 1930, l'engagement de Mounier et de la revue Esprit pour faire face à la « crise de l'homme au XX siècle », prend place ? à côté de celui du mouvement l'Ordre nouveau (Robert Aron, Alexandre Marc, Denis de Rougemont) ? dans le courant de réflexion et de recherche d'orientation personnaliste regroupant ceux que l'historiographie désigne aujourd'hui sous l'expression de non-conformistes des années 1930. Jusqu'à la guerre, Mounier s'attache à approfondir les orientations de la révolution « personnaliste et communautaire » qu'il souhaite voir se réaliser pour remédier au « désordre établi », sans tomber dans les impasses totalitaires du fascisme ou du stalinisme.
Il est pacifiste jusqu'aux accords de Munich, qu'il déplore. Il écrit à cette occasion une phrase passée à la postérité pour critiquer les opposants au Front populaire : « Plutôt Hitler que Blum », dans un article paru le dans la revue Esprit. Intéressé par certaines des premières orientations du régime de Vichy (politique de la jeunesse, à laquelle il inspire l'idée de Jeune France), il fait reparaître Esprit, mais la revue est interdite en . Arrêté, il est libéré, aucune accusation n'ayant été retenue contre lui, après une éprouvante grève de la faim. Il se replie alors dans la Drôme où se poursuit son activité intellectuelle. Invité à l'école des cadres d'Uriage par le directeur, le capitaine Pierre Dunoyer de Segonzac, qui lui laisse une entière liberté de parole et le soutient quand le gouvernement demande son renvoi, Emmanuel Mounier fait partie des conférenciers réguliers. Il marque l'école de sa philosophie.
Dans la revue Esprit, on reproduisait en 1958 une citation d'Emmanuel Mounier qui qualifia de « trahison française » les accords de Munich abandonnant la Tchécoslovaquie à la merci des assauts du III Reich, et mettait en garde l'opinion sur les risques de trahison sur le sol de France. Professeur au lycée du Parc à Lyon, il enseigne durant la seconde guerre mondiale au lycée Robin à Vienne.
D'après Giovanni Maria Vian (it), il aurait été le premier à évoquer le « silence » de Pie XII (en l'occurrence concernant l'invasion italienne de l'Albanie) et aurait ainsi contribué à la « légende noire » de ce pape.
Après la guerre, il multiplie les voyages et les contacts. Il participe à la réconciliation franco-allemande, le vrai point de départ de la re-création de l'Europe. En 1948, il crée le Comité français d'échanges avec l'Allemagne nouvelle.
« Avec le recul, on s'aperçoit que c'est ce travail d'échanges qui a créé une sorte d'infrastructure humaine permanente pour les rapports franco-allemands et qui a contribué dans une large mesure à leur donner la spécificité sans laquelle la politique européenne des années 1950 comme celle des années 1960 ne saurait être expliquée. »
? Alfred Grosser, jeune secrétaire général du Comité français d'échanges avec l'Allemagne nouvelle
Emmanuel Mounier meurt à 44 ans, terrassé par une crise cardiaque (infarctus du myocarde), à Châtenay-Malabry, le .
« Je suis toujours sous votre signe et sous votre impulsion. L'esprit que vous m'avez insufflé creuse en moi et grandit. »
? Lettre à Jacques Chevalier, du 16 mai 1929, ?uvres, tome IV, p. 446
.« Comment n'avez-vous pas gardé ce beau rôle d'éveilleur d'âmes qui eut suffi à votre gloire, et à votre joie ? »
? In ?uvres, T. IV, p. 804
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